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Video by Naomi Bleiberg

English below

En tant qu’artisan, ouvrière, artiste ou designer, à travers la sculpture, l’installation et la performance, je travaille le métal. Le statut importe peu quand on parle de la matière.

Je tente inlassablement de modifier les particules invisibles de l’acier. C’est surtout pour provoquer un décalage dans l’habitude, je cherche à déplacer les atomes jusqu’aux limites de leur capacités. Je cherche la contradiction de l’acte et de la forme  et tente de sentir a travers mes sculptures que cette matière est discontinue, fragile et pleine de vide et à la fois très dense, lourde et pesante.

Trouver un souffle dans la masse inerte.

En faisant cela, je cherche souvent inconsciemment à ce que l’apparence de la matière soit en contradiction avec sa constitution.

Ce ne sont pas des représentations d’idées ou de sentiments mais des manifestations palpables du métal lui-même, sa forme, son volume, sa température, son équilibre, la poétique qui en émane.

Chaque forme est un équilibre éphémère, elle est en mouvement. Tout changement est une catastrophe et toute catastrophe une résurrection.

Je manipule le métal et tente d’en révéler l’énergie intrinsèque. Je cherche à prendre en compte toutes ses propriétés. J’explore ses limites et ses possibilités physiques, le chauffe, le martèle, le tords. Je cherche à lui faire dire quelque chose de lui-même. Cela peut-être un sentiment de lourdeur exarcerbé, ou au contraire une finesse et une fragilité inhabituelle, ou encore un déséquilibre qui trouble par sa posture et par sa forme.

C’est un dialogue ouvert avec la matière.

Se révèlent alors les capacités formelles dans une matière qui devient un objet empreint d’une identité singulière, et qui relève parfois de l’organique ou du vivant.

 

 

Through sculpture, installation and display, as a craftsman, an artist or a designer, I am a metal worker — We don’t care status when we speak about matter.
I tirelessly try to modify the invisible particles of steel. To cause a shift in the habit, I especially try to move the atoms to the limits of their capabilities. I look for contradiction between act and shape, and try to feel through my sculptures that this material is discontinuous, fragile,  full of emptiness, and both very dense, heavy, and bulky.
Find a breath in the inert mass.
In doing so, I often unconsciously seek that the appearance of the material is in conflict with its composition.
They are not representations of ideas or feelings, but tangible expressions of the very metal — its shape, its volume, its temperature, its balance, poetics which emanate.
Every form is moving, in a short-lived balance. Any change is a disaster, and any disaster a resurrection.
I handle metal, trying to reveal its inherent energy. I try to consider all its properties. I explore its limits, its physical possibilities. I heat it, pound it, twist it. I try to make it say something itself. This may be a feeling of intense heaviness, or on the contrary a delicacy, an unusual fragility, or otherwise an imbalance which by posture and shape disturbs.
It’s an open dialogue with the material.
Then, the formal capacities are revealed in a material that becomes an object marked with a singular identity, which sometimes comes within organic and living.